1. A quoi ça sert ?
Une résistance seule peut servir à deux choses, soit
à "freiner le courant", soit à faire de la chaleur.
Elle obéit à la loi d'Ohm, U=R*I. La chaleur (la puissance calorifique
exactement ) qu'elle produit est donnée par la relation P=R*I²
2. Quel sont les symboles utilisés ?
3. Comment les reconnaît 'on ?
Le plus souvent, elles ont une forme cylindrique avec des anneaux
de couleur. On peut parfois les confondre avec des selfs, bien que celles ci
soient parfois un cylindre plus creusé, un test à l'ohmètre
permet de lever le doute. Il existe aussi des condensateurs cylindriques avec
des anneaux de couleurs, mais pour ma part, je n'en ai jamais vu.
Ci dessous quelques exemples :
Plus la résistance est grosse, plus elle dissipe de puissance.
Pour celles qui dissipent le plus de puissance, elles peuvent être
:
- soit cylindrique, de couleur verte avec des inscriptions (valeur...)
- soit rectangulaire, de couleur blanche
- soit avoir un corps avec des ailettes, en fait elles sont équipées
d'un radiateur
- dans le cas d'un radiateur, il s'agit de métal, pas trop conducteur,
avec des formes très découpées pour bien communiquer la
chaleur.
Pour les résistances CMS, ells peuvent être cylindriques avec
des anneaux de couleurs (minimelf), mais la plupart du temps, elles sont en
boîtier rectangulaire standard (1206 , 0805 , 0603...).
Si elles
ont 4 chiffres dessus, elles ont une tolérance de 1%.
Si elles
ont 3 chiffres, elles sont soit à 5%, soit à 1%, on ne peut pas
savoir. La valeur ne peut rien indiquer sur la tolérance, car les résistances
à 1% existe en série E24 ou E48 (ce n'est pas toujours exactement
les même valeurs).
4. Comment c'est fait ?
- Soit il s'agit de particules de carbones agglomérées.
- Soit il s'agit d'un fil de cuivre, dans ca cas la valeur est donnée
par R=p*l/s, où p est la conductivité du métal du fil,
l la longueur du fil, et s la surface du fil. Le plus souvent, ce fil est bobiné
pour ne pas prendre de place, et recouvert d'une protection, ce qui fait qu'on
ne voit pas la structure interne. Ce type de résistance est inutilisable
pour des signaux HF (hautes fréquences), car c'est en fait une bobine,
en plus d'être un résistance.
5. Quelles sont les différentes sortes ?
5.1 Valeurs :
Les valeurs possibles de résistances sont théoriquement
réparties suivant leur tolérance. En effet, rien de sert d'avoir
deux résistances à 10% marquées 1000 Ohms, et 1050 Ohms.
Les différentes valeurs possibles sont classés en série,
il s'agit des valeurs disponibles sur une décade ( par exemple de 100
à 1000). Pour avoir toutes les valeurs, il suffit de multiplier ou de
diviser par 10 ces valeurs.
Le série E12 compte douze valeurs
par décade, elle est utilisée pour les résistances à
10%.
La série E24 est utilisée pour les résistances
à 5%, la série E48 est normalement utilisée pour les résistances
à 1%. En fait, comme cela fait beaucoup de valeurs possibles, et donc
à gérer par les fabricants, ils préfèrent parfois
faire des résistances à 1% en E24. C'est un peu gênant car
les 24 valeurs en plus dans la E48 ne sont pas simplement ajoutées à
la E24, ce sont presque toutes les valeurs qui changent, ce qui complique les
approvisionnements en composants.
Il existe la E96, mais il ne faut
jamais perdre de vu que les fabriquants fabriquent ce qui leur rapporte, donc
ne comptez pas trouver toutes les valeurs pour bricoler, même au niveau
professionnel, c'est loin d'être évident.
Les séries :
E3 |
100 |
220 |
470 |
E6 |
100 |
150 |
220 |
330 |
470 |
680 |
E12 |
100 |
120 |
150 |
180 |
220 |
270 |
330 |
390 |
470 |
560 |
680 |
820 |
E24 |
100 |
110 |
120 |
130 |
150 |
160 |
180 |
200 |
220 |
240 |
270 |
300 |
330 |
360 |
390 |
430 |
470 |
510 |
560 |
620 |
680 |
750 |
820 |
910 |
E48 |
100 |
105 |
110 |
115 |
121 |
127 |
133 |
140 |
147 |
154 |
162 |
169 |
178 |
187 |
196 |
205 |
215 |
226 |
237 |
249 |
261 |
274 |
287 |
301 |
316 |
332 |
348 |
365 |
383 |
402 |
422 |
442 |
|
464 |
487 |
511 |
536 |
562 |
590 |
619 |
649 |
681 |
715 |
750 |
787 |
825 |
866 |
909 |
953 |
E96 |
100 |
102 |
105 |
107 |
110 |
113 |
115 |
118 |
121 |
124 |
127 |
130 |
133 |
137 |
140 |
143 |
147 |
150 |
154 |
158 |
162 |
165 |
169 |
174 |
178 |
182 |
187 |
191 |
196 |
200 |
205 |
210 |
|
215 |
221 |
226 |
232 |
237 |
243 |
249 |
255 |
261 |
267 |
274 |
280 |
287 |
294 |
301 |
309 |
|
316 |
324 |
332 |
340 |
348 |
357 |
365 |
374 |
383 |
392 |
402 |
412 |
422 |
432 |
442 |
453 |
|
464 |
475 |
487 |
499 |
511 |
523 |
536 |
549 |
562 |
576 |
590 |
604 |
619 |
634 |
649 |
665 |
|
681 |
698 |
715 |
732 |
750 |
768 |
787 |
806 |
825 |
845 |
866 |
887 |
909 |
931 |
953 |
976 |
Par exemple, dans la série E24, il existera, des résistances de 110 Ohms, mais aussi de 0.11, 1.1, 11, 1100, 11000, 110000 et 110000. Toute fois, les valeurs au dessus de 1M, et en dessous de 1, sont moins courantes.
La valeur en couleurs :
Les résistances ont 4 ou 6 anneau suivant leur tolérance.
Les premiers anneaux indiques les chiffres significatifs, ensuite vient
le nombre de 0 à mettre derrière, et enfin la tolérance.
Le plus couramment, on a des 5% (anneau doré) et des 1% (anneau marron).
Anneau : |
1, 2 |
3 |
4 |
|
Couleur |
Chiffres significatifs |
Multiplicateur |
Tolérance |
Coeff température |
Argent |
|
*0.01 |
10% |
|
Doré |
|
*0.1 |
5% |
|
Noir |
0 |
*1 |
|
+-200 |
Marron |
1 |
*10 |
1% |
+-100 |
Rouge |
2 |
*100 |
2% |
+-50 |
Orange |
3 |
*1k |
|
+-15 |
Jaune |
4 |
*10k |
|
+-25 |
Vert |
5 |
*100k |
0.5% |
|
Bleu |
6 |
*1M |
0.2% |
|
Violet |
7 |
*10M |
0.1% |
|
Gris |
8 |
|
|
|
Blanc |
9 |
|
|
|
5.2 Tolérances :
La valeur d'une résistance est donnée avec une certaine
précision, dans certaines conditions. Comme toujours, plus elle est précise,
et donc parfaite, plus elle vaut cher. On utilise habituellement des résistances
à 5%, et plus précis pour celles qui en ont besoin dans le montage.
Une résistance de 1000 Ohms à 5% mesure au maximum : 1000
+ 1000*5/100 = 1050 Ohms. Au minimum, elle mesure 1000 - 1000*5/100 =
950 Ohms.
En fait, cela n'est pas tout à fait vrai, et si la tolérance
à une importance dans le montage, il faut compter plus que l'incertitude
donnée.
En effet, la valeur est donnée à 25°C,
elle varie avec la température, de plus elle évolue un peu dans
le temps.
Les constructeurs donnent ces caractéristiques. Par
exemple, une résistance à 1%, peut en fait avoir une tolérance
de 2.6%, entre -40°C et +85°C, la différence n'est donc pas négligeable.
5.3 Puissances :
Le courant qui passe dans une résistance produit de la chaleur.
La puissance est donnée par P=R*I².
R est la valeur,
en Ohms de la résistance, I est déterminée à partir
du montage électronique utilisé, sûrement par la relation
U=R*I, si le courant n'est pas continu, I est sa valeur efficace. En fait, une
résistance ne peut pas dissiper une puissance infinie. Quand on en choisit
une, il faut aussi savoir quelle puissance max la résistance doit pouvoir
dissiper.
La puissance standard en traversant est 1/4W (= 0.25W), mais il existe
1/2W, 1W ou plus.
En CMS, on est à 1/4W ou 1/8W en boîtier 1206, 1/10W pour
des 0805, moins si plus petit. Des résistances de puissance CMS existent,
mais attention au prix, leur taille est forcément assez grande.
Plus une résistance peut dissiper de puissance, plus elle est grosse
et chère.
Si vous voulez soulever 100kg avec une corde, vous ne prendrez jamais une corde qui supporte maximum 100kg, mais une corde qui en supporte 150 ou plus, suivant la marge de sécurité que vous voulez. Pour la puissance d'une résistance, c'est pareil, pour dissiper 0.45W en continu, mettez 1W, si c'est pendant un temps très court, 0.5W suffise.
5.4 Tenue en tension :
La tenue en tension est la tension max qu'il peut y avoir entre les électrodes,
sans qu'il y ait un arc électrique. Cette tension dépend de la
distance entre les électrodes, et des matériaux utilisés
dans la résistances. Pour des CMS, elle est typiquement de 200V pour
des 1206, 150V pour des 0805, et 50V pour des 0603.
6. Comment les associe t'on ?
6.1 Association en série
Deux résistances sont en série quand elles sont reliées
directement entre elles, par une seule patte. Le courant qui les traverse est
le même.
Quand on connecte en série des résistances, elles s'ajoutent,
si R1 et R2 sont les deux résistances, la valeur totale est R =R1 + R2.
On freine plus le courant ainsi,le résultat est donc toujours supérieur
à la plus grande des deux.
Par contre la puissance qu'elles peuvent dissiper est la somme des deux.
En faisant tout de même attention au fait que la première dissipe
P1 = R1*I², et la deuxième P2=R2*I², ce qui peut être
différent si elles ont des valeurs différentes.
Pour un nombre n de résistance, on a R = R1 + R2 + R3 + .....+
Rn.
6.2 Association en parallèle
Deux résistances sont en parallèles quand elles sont
reliées directement entre elles, par leur deux pattes. La tension qu'elles
voient à leurs bornes est la même.
Quand on connecte en parallèle deux résistances, le résultat
est 1/R =1/R1 + 1/R2, ce qui donne R = (R1*R2) / (R1+R2). Le résultat
est toujours inférieur à la plus petite des deux, cela se comprend
puisque l'on ne peut que moins freiner le courant avec une autre en parallèle.
Par contre la puissance qu'elles peuvent dissiper est la somme des deux.
En faisant tout de même attention au fait que la première dissipe
P1 = R1*I1², et la deuxième P2=R2*I2.
Pour un nombre n de résistance, on a 1/R = 1/R1 + 1/R2 + 1/R3 +
.....+ 1/Rn.
7. Comment mesure t'on une résistance?
C'est très simple, on se sert d'un ohmmètre,
c'est une fonction qui est sur tous les multimètres.
Attention, si vous voulez mesurer une résistance qui est soudée
sur un circuit imprimé, vous courrez à l'erreur, car elle est
forcément reliée à d'autres composants, et le multimètre
va "voir" la résistance qui est entre ses deux pointes de touches.
Pour faire une mesure sur un circuit imprimé, déconnecter du circuit
au moins une patte de la résistance.
Le multimètre va en fait refaire la loi d'Ohms, R=U/I, il va injecter
un courant, et mesurer la tension résultante. Si, dans un montage, vous
pouvez mesurer le courant qui passe dans une résistance, et la tension
à ses bornes, vous pouvez en déduire sa valeur. Mais attention,
j'ai bien dit "le courant qui passe dedans", beaucoup de personnes
se trompent pour mesurer un courant
8. Les résistances variables.
Bien sur, il y a toujours des cas où on a besoin d'avoir
des résistances qui peuvent varier.
8.1 En fonction de la température.
Ce sont les thermistances, elles ont en général un corps
en forme de disque, avec deux pattes.
On les appelle CTP ou CTN suivant comment elles varient. Les CTP ont leur
résistance qui augmente avec la température, elles sont utilisées
en protection. Les CTN ont leur résistance qui diminue avec la température,
elles sont utilisées pour faire des mesures de température. Souvent
elles sont montées avec une résistance en série, et une
en parallèle, cette dernière sert à linéariser
le tout.
8.2 En fonction du champ magnétique
Ce sont les capteurs à effet hall.
Le champ magnétique qu'ils reçoivent (près d'un aimant
par exemple), dévie le trajet des électrons à l'intérieur
du capteur, ce qui fait varier la résistance.
8.3 En fonction de la position d'un curseur
Ce sont les résistances ajustables qui se règlent avec un
petit tournevis. Elles se règlent sur un tour ou sur plusieurs (un dizaine
en général) quand on veut un réglage plus fin.
Mais
ce sont aussi les potentiomètres, vous savez, tous les réglages
de volume ou autres des appareils électroniques. En général,
on tourne sur 3 quarts de tour, mais parfois, c'est un déplacement linéaire,
comme sur les tables de mixages audio. Quand ils sont vieux, ils "crachotent",
ça s'entend bien quand c'est un réglage de volume. En fait, c'est
le contact qui se fait mal à l'intérieur, il n'y a alors pas de
remède miracle (à part les changer), même si un peu de bombe
pour les contacts y fait pendant un temps.
9. Le bruit d'une résistance
Comme tout composant électronique, une résistance génère
du bruit, ce bruit est dû en partie aux électrons qui "se
baladent d'atome en atome" en permanence, de façon aléatoire
en absence de tension. Suivant le type de résistance, ce bruit est plus
ou moins important.
Plus la température augmente, plus les électrons bougent
rapidement et s'entrechoquent avec les atomes, plus il y a de bruit généré.
Dans une résistance au carbone, le bruit est proportionnel à la
température.
F5SZK 2006